Le Droit à l'ennui
- perrinebusier
- 27 févr.
- 2 min de lecture

Le droit à l’ennui : un espace psychique nécessaire
L’ennui a souvent mauvaise réputation. Contrairement à ce que l'on peut bien penser, l'ennui n'est pas un problème à résoudre, ni une perte de temps, un vide à combler ou une anomalie à corriger.
Bien au contraire, l'ennui est un temps qui permet le déploiement de l'espace psychique, autant chez les petits que chez les grands.
l’ennui comme matrice du jeu
Un enfant qui s’ennuie n’est pas un enfant en souffrance, c'est un enfant à qui l’on laisse enfin un espace non dirigé.
Chez l’enfant, l'ennui a une fonction importante : il ouvre la porte au jeu libre, à l’imaginaire, à la symbolisation des émotions.
Un enfant autorisé à s’ennuyer apprend à créer à partir de lui-même, de ses rêves, de ses peurs.
Cela lui permet :
la symbolisation des émotions qu'il ne peut pas encore comprendre
la mise en scène des conflits internes
le développement de l’autonomie psychique
la capacité à créer à partir de presque rien
Un enfant constamment occupé développe des compétences, un enfant autorisé à s’ennuyer développe son monde intérieur.
L’ennui chez l’adulte : un espace d’intégration
Chez l’adulte, l’ennui devient souvent insupportable. Il confronte à l’absence de stimulation externe et, parfois, à soi-même, c'est pourquoi beaucoup de personnes cherchent à le neutraliser immédiatement : téléphone, travail, bruit de fond, consommation de contenus.
Ce réflexe n’est pas anodin.
L’ennui ouvre pourtant un espace où peuvent remonter :
des pensées mises de côté
des désirs non écoutés
une fatigue ignorée
une insatisfaction latente
L’ennui met en contact avec ce qui n’est pas rempli, et c’est précisément pour cela qu’il est précieux : car il permet l’intégration. Il donne le temps à l’expérience vécue de se déposer psychiquement.
Il favorise également la créativité et la réorganisation interne.
Sans temps vide, le psychisme reste en réaction permanente. Or le psychisme humain ne fonctionne pas en flux tendu. Il a besoin d'alternance : engagement et retrait, stimulation et repos, action et rêverie.
Refuser l’ennui, c’est refuser une part du fonctionnement naturel de l’esprit.
Le droit à l’ennui comme position intérieure
Autoriser l’ennui, ce n’est pas glorifier l’inaction. C’est reconnaître qu’un espace non rempli peut être fécond.
En accompagnement, il arrive que des moments de silence émergent. Ils peuvent sembler inconfortables, pourtant, ces temps non saturés sont souvent ceux où quelque chose se transforme.
L’ennui, lorsqu’il est toléré, devient un seuil, un passage entre l’agitation et la rencontre avec soi.
Il ne s’agit pas d’apprendre à s’ennuyer, il s’agit d’apprendre à ne plus le fuir systématiquement pour se retrouver plus librement avec soi.
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Pour en savoir plus sur le type d'accompagnement que je propose, je vous invite à consulter mon site.
A bientot,
Perrine Busier, Psychopraticienne



